L'hôtel Reina Cristina, Federico Garcia Lorca, les phalangistes
et la console hispano-mauresque






J'ai pu loger à l'hôtel Reina Cristina où le souvenir du grand poête Andalou Federico Garcia Lorca est omniprésent dans le hall.

C'est une image de lui en smoking blanc, presque grandeur nature, qui nous accueille dans l'entrée de l'hôtel :


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L'hôtel Reina Cristina (l'entrée).



Et c'est également lui qui semble nous observer au dessus de la réception :

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Portrait de Federico Garcia Lorca au dessus de la réception.


Pour expliquer cette présence, il faut savoir qu'avant d'être un hôtel, cette maison était celle de la famille Rosales (La Casa de los Rosales) qui étaient des amis du poète. Il se trouvait chez eux l'été de l'année 1936.

Quelques jours après le début de la guerre civile espagnole, le 16 août 1936, à 13:30, des phalangistes se présentèrent dans cette maison pour embarquer Federico Garcia Lorca qui fût fusillé deux jours plus tard et enterré dans une fosse commune.

Les Rosales étaient des amis phalangistes de Lorca (qui, contrairement aux idées reçues, avait des amis de toutes les tendances politiques) et ils prirent de gros risques pour essayer en vain de lui venir en aide après son arrestation.

J'ai toujours pensé à lui lorsque je descendais les grands escaliers en dalle de marbre, en marchant dans ses pas, en me demandant qu'elle avait été son attitude lorsqu'il s'est présenté devant les miliciens. J'ai su après (en lisant un compte-rendu d'un témoin de la famille Rosales) qu'il était ravagé, en pleurs, et qu'il s'était arrêté longuement devant son piano qu'il chérissait et sur lequel se trouvait une image pieuse.

On ne peut rien faire pour changer l'histoire de la guerre civile d'Espagne... mais Federico Garcia Lorca restera un symbole du raffinement devant la barbarie.

Je serai toujours du côté de ceux qui n'ont rien et que l'on ne permet même pas de profiter en paix de ce rien.
Federico Garcia Lorca.


Mais l'hôtel recèle également une merveille.

C'est une splendide console hispano-mauresque du 19-ième siècle que l'on peut admirer dans la salle du petit déjeuner.

L'imbrication de diverses essences de bois, de l'ivoire et de la nacre est de grande qualité et les boutons de préhension des tiroirs sont en ivoire :



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Console hispano-mauresque (19-ième siècle).


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Console hispano-mauresque (19-ième siècle) (détail).


Sur le détail, on remarque sur la boiserie entre les arcades un motif trilobé (en haut) qui rappelle un bouton de fleur . On retrouve ce motif sur les anciens bijoux marocains et d'ailleurs il est appelé Gharnata (motif grenadin).

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